Conditions d'observation normalisées pour la couleur en impression : ISO 3664 et éclairage D50 expliqués
Deux feuilles imprimées peuvent sembler identiques en couleur sur la table du typographe et clairement différentes lorsqu'elles sont vérifiées dans le bureau d'un client. Le papier n'a pas changé, l'encre non plus. Ce qui a changé, c'est la lumière. Le jugement humain des couleurs dépend fortement des conditions entourant l'objet observé, c'est pourquoi toute personne impliquée dans un travail d'impression doit prendre des décisions de couleur dans des conditions d'observation normalisées et reproductibles. La norme ISO 3664 définit ces conditions, et cet article explique ce qu'elles couvrent, pourquoi un éclairage à 5000 K seul ne suffit pas, et comment maintenir une zone d'évaluation des couleurs fiable.
Ce que contrôlent les conditions d'observation normalisées
Les conditions d'observation normalisées décrivent un environnement dans lequel cinq éléments sont contrôlés : la couleur de la source lumineuse, l'intensité de la lumière, l'effet de la lumière réfléchie par les surfaces autour de l'échantillon, la couleur ambiante de la pièce et l'adaptation visuelle de l'observateur. Une cabine d'observation conçue selon l'ISO 3664 maîtrise ces cinq éléments, mais seulement si la cabine est entretenue. Les surfaces neutres, les tubes fluorescents et les cloisons doivent être nettoyés au moins une fois par mois avec des produits qui ne les endommagent pas, et les tubes doivent être remplacés après environ 2000 heures d'utilisation, car le spectre d'un tube dérive avec l'âge.
Pourquoi un tube à 5000 K seul ne suffit pas
De nombreux fournisseurs affirment que leur lumière de correspondance des couleurs est à 5000 K, pourtant le client constate encore une différence sous une autre source à 5000 K. La raison est simple : 5000 K décrit uniquement la température de couleur de la lumière. La référence acceptée pour l'industrie de l'impression est l'illuminant normalisé CIE D50, qui définit la distribution spectrale de puissance complète de la lumière, au-delà de sa chaleur. Un corps noir chauffé émet une lumière blanche à 5000 K avec un spectre équilibré, c'est pourquoi cette température a été choisie, mais une lampe artificielle peut atteindre la même température de couleur tout en manquant une partie du spectre.
Ce spectre manquant intervient dans la qualité de rendu. L'indice de rendu des couleurs compare une source artificielle à la lumière du jour, qui obtient 100 car son spectre est complet. Un tube fluorescent étiqueté 5000 K offre souvent un indice de rendu des couleurs inférieur à 90, ce qui signifie que certaines couleurs paraissent ternes ou décalées même si la lumière semble blanche. Un équipement conforme à la norme d'impression doit fournir 5000 K avec un indice de rendu des couleurs d'au moins 90. Gardez à l'esprit qu'un indice élevé ne garantit pas une absence totale de dérive chromatique ; la température de couleur et la qualité de rendu doivent fonctionner ensemble.
Deux niveaux d'éclairement dans l'ISO 3664
L'ISO 3664 recommande deux niveaux d'éclairement pour différents travaux. Le niveau supérieur, 2000 lux plus ou moins 500 lux, est utilisé lorsque des images et des échantillons imprimés sont évalués et comparés entre eux. Le niveau inférieur, 500 lux plus ou moins 25 lux, est utilisé lorsque vous devez juger les détails dans les zones d'ombre sombres dans des conditions proches de la façon dont le produit imprimé sera finalement vu, par exemple sur une étagère ou dans un bureau.
Gardez la zone d'évaluation exempte d'interférences
L'espace autour de la cabine d'observation compte autant que la cabine elle-même. Un coin d'évaluation des couleurs encombré d'affiches, de bidons d'encre et d'autres objets colorés annulera une bonne source lumineuse. Les règles pratiques de la norme incluent le maintien d'un environnement neutre, l'évitement de lumière supplémentaire pénétrant dans la zone d'évaluation, et l'éloignement du champ de vision des objets fortement colorés, y compris les vêtements de travail aux couleurs vives. La surface autour de l'échantillon doit être d'un gris neutre avec une réflectance inférieure à 60 pour cent. Les observateurs doivent également laisser leurs yeux s'adapter pendant quelques minutes avant de porter un jugement, car l'œil s'ajuste à la lumière sous laquelle il se trouvait.
Métamérisme et pourquoi la source lumineuse doit être fixée
Le métamérisme est la situation où deux échantillons semblent identiques sous une source lumineuse mais ont des courbes de réflectance spectrale différentes, de sorte qu'ils se distinguent lorsque la lumière change. Les reproductions imprimées sont presque toujours des correspondances métamériques plutôt que des correspondances spectrales, car les encres d'imprimerie et les matériaux utilisés dans l'œuvre originale, tels que l'aquarelle, les tirages photographiques ou un écran d'affichage, ne peuvent jamais être identiques. La conséquence pratique est qu'une paire d'échantillons appariés sous une cabine D50 peut ne plus correspondre sous un éclairage de magasin ou de bureau. L'évaluation doit donc être liée à une source normalisée convenue, et une petite différence de couleur dans une correspondance métamérique est acceptable tant qu'elle reste dans la tolérance définie par la norme pertinente.
Choisir et vérifier une lumière d'observation
La façon la plus simple de mettre en place une zone conforme est d'acheter une cabine d'observation qui répond à l'ISO 3664 et offre plusieurs sources commutables telles que D50, D65, UV, TL84 et source A, afin que la même cabine puisse servir différents secteurs et applications finales. Parce que les lampes dérivent avec le temps et la température, une vérification rapide en interne mérite d'être ajoutée à la routine. Des autocollants indicateurs tels que le type GATF/RHEM se placent dans la zone d'observation et avertissent l'opérateur lorsque la température de couleur a suffisamment dérivé pour que les tubes doivent être changés. Quelques minutes d'entretien maintiennent chaque jugement de couleur dans l'usine cohérent avec celui effectué sur l'épreuve originale.